Le temps, ça n'est plus de l'argent
Pendant des décennies, nous avons appris une équation simple : le temps, c'est de l'argent. Une heure travaillée coûte. Une journée mobilisée coûte. Un processus qui prend trois jours coûte davantage qu'un processus qui en prend deux.
Toute notre culture de la productivité repose finalement sur cette idée
: puisque le temps coûte, il faut mieux l'utiliser. Mais quelque chose
est en train de changer. Nous ne sommes plus seulement capables
d'optimiser le temps. Nous pouvons commencer à le supprimer. Et pour
un dirigeant, la différence est considérable.
Ne plus chercher à aller plus vite
Prenons quelque chose de très banal. Tous les mois, une personne extrait
plusieurs fichiers, rapproche les données, génère des feuilles de temps,
effectue quelques vérifications puis prépare les éléments nécessaires à
la facturation. Trois ou quatre heures de travail.
Depuis des années, la réponse classique consiste à optimiser ce
processus : meilleur fichier Excel, procédure plus claire, raccourcis,
organisation différente... Bref : faire en deux heures ce que l'on
faisait en quatre.
Aujourd'hui, la bonne question devient : Pourquoi quelqu'un fait-il encore cela ?
Peut-être qu'une demi-journée ou une journée sera nécessaire pour
automatiser le processus. Mais ensuite, les quatre heures mensuelles
disparaissent presque totalement. Et le raisonnement change complètement
lorsqu'on le multiplie par toutes les petites tâches d'une entreprise :
30 minutes par jour ici, deux heures par semaine là, une journée chaque
mois ailleurs.
Ce sont des dizaines, parfois des centaines d'heures qui sont encore
considérées comme une fatalité simplement parce que « nous avons
toujours fonctionné comme ça ».
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